effluves # 2 : « effluves poétiques » (Esther Laurent-Baroux)

Il y avait le cri des mouettes par la fenêtre.

Il y avait Louise Attaque et Madonna qui chantaient dans la rue.

Il y avait des éternuements.

Il y avait des pizzas et du cidre.

Il y avait nous assis ça et là s’écoutant lire en silence.

Il y avait des plantes vertes et une imprimante.

Il y avait beaucoup d’ordinateurs et des récalcitrants aux ordinateurs.

Il y avait des logiciels libres.

Il y avait des écrivains des lecteurs libres.

Il y avait des maths.

Il y avait un micro.

Il y avait des schémas ratés.

Il y avait des soupirs des rires.

Il n’y a pas eu d’arc-en-ciel.

Il y avait des voyageurs et des parapentistes.

Il y avait des zouzes et des waloufs.

Il y avait du latin.

Il y avait de l’allemand.

Il y avait de l’arabe.

Il n’y avait pas de breton, peut-être quelques bretons.

Il y avait des mots étranges comme « salut, ça pad ? » et d’autres très classiques comme « tu as lu ce livre ? ».

Il y avait des MC des lecteurs des écrivains et on pourrait tous échanger nos rôles.

Il y avait de la liberté.

Il y avait de la poésie.

Il y avait de la sociologie.

Il y avait de la prosologie.

Il y avait peut-être de la psychologie.

Il n’y avait pas de cosmologie.

Il y avait des corps de métiers.

Il y avait des corps.

Il y avait des métiers.

Il y avait des jeunes.

Il y avait des vieux.

Il y avait des entre-deux.

Il y avait de la lumière et puis il y a eu la nuit.

Il n’y avait pas de puits de pétrole ni d’éoliennes.

Il y avait des questions il y avait des questions.

Il y avait des imaginations, des projections, des suppositions.

Il y avait des doigts il y avait des mains.

Il y avait des stylos.

Il y avait une librairie.

Il y avait une ville.

Il y avait l’Océan et la vase.

Il y avait un laboratoire.

 

      Texte mis en partage au sein du labo le 10 septembre 2014

© Photos  _ La maison de la montagne